La fièvre catarrhale du mouton et la maladie hémorragique épizootique, deux maladies à transmission vectorielle

Ces deux maladies (la fièvre catarrhale ovine ou FCO et la maladie hémorragique épizootique ou MHE) sont causées par des virus. Il n’y a pas de transmission directe, les maladies sont transmises par des insectes piqueurs appelés Culicoïdes. Les femelles piquent tous les 3 à 4 jours et c’est au cours de ce repas sanguin que la contamination a lieu. La survie (une vingtaine de jours en moyenne), l’activité (principalement du crépuscule à l’aube) et la dispersion de ces moucherons piqueurs sont fortement influencées par les variables météorologiques telles que la température (supérieure à 13°C), l’humidité, les mouvements d’air (déplacement de 2 à 5 km par jour, beaucoup plus par vent fort), etc. Les désinsectisants classiquement utilisés sur les ruminants sont moins efficaces sur les Culicoïdes et nécessitent un traitement tous les 7 à 10 jours.

Le sérotype 8 du BTV, un nouveau virus présent…

Présente à l’origine en Afrique, la BT s’est progressivement propagée vers le nord au cours des dernières décennies, probablement sous l’effet du réchauffement climatique et des échanges internationaux. La transmission de la maladie et sa propagation géographique sont étroitement liées à la présence de populations de moucherons piqueurs qui agissent comme vecteurs et se développent à des températures élevées. La maladie est aujourd’hui présente sur tous les continents, à l’exception de l’Antarctique.

In 2006, it first appeared in northern Europe: Germany, Belgium and the Netherlands, before spreading rapidly to France. Until 2010, north-western Europe experienced several epizootics of bluetongue.

…avec un impact clinique plus important sur les moutons…

La BT est une maladie à déclaration obligatoire et toute suspicion doit être signalée au vétérinaire de l’exploitation. Après une semaine d’incubation, les signes cliniques apparaissent : hyperthermie, difficultés de locomotion, ulcérations buccales avec difficultés d’abreuvement, croûtes sur le museau, jetage ou langue bleue (ovins), lésions sur les trayons. De nombreux animaux peuvent tomber malades (jusqu’à un tiers du troupeau chez les ovins et 10 % chez les bovins). Des cas de mortalité ont également été observés chez les ovins et les bovins, y compris chez les adultes, bien que les chèvres semblent moins sensibles.

… et des mesures commerciales déjà en place

Bien que l’éradication de la maladie reste facultative, des mesures de surveillance, de déclaration et de contrôle des mouvements ont été mises en œuvre au sein de l’Union européenne. Ces mesures exigent une vaccination certifiée par un vétérinaire datant de plus de 60 jours. Des mesures plus souples peuvent être mises en place pays par pays (vaccination de plus de 10 jours, PCR négative pour l’Italie, etc.) Pour les pays tiers, chaque pays fixe ses propres exigences, qui peuvent évoluer en fonction de la situation sanitaire. Pour les échanges nationaux, il n’y a pas d’obligation, mais la désinsectisation des animaux et des moyens de transport est fortement recommandée.

L’EHD, une maladie émergente…

La maladie est apparue pour la première fois chez le cerf de Virginie aux États-Unis il y a 70 ans, et s’est depuis propagée à d’autres ruminants, avec un impact plus important sur les bovins. Depuis 2006, l’EHD était présente en Afrique du Nord et, à l’automne 2022, plusieurs cas ont été signalés presque simultanément en Sicile, en Sardaigne et en Andalousie. Ce synchronisme suggère que les culicoïdes traversent la Méditerranée au gré des vents. Au cours de l’été 2023, la maladie traverse la péninsule ibérique et les premiers foyers sont confirmés le 19 septembre 2023 dans le sud de la France. La maladie n’a cessé de se propager depuis.

… avec un impact clinique majeur sur le bétail …

Comme la BT, l’EHD est une maladie à déclaration obligatoire. Si les petits ruminants ne semblent pas très sensibles au virus dans l’ensemble, les bovins présentent un certain nombre de signes cliniques similaires à ceux observés dans la BT : hyperthermie, difficulté à marcher, ulcérations dans la bouche avec difficulté à boire, croûtes sur le museau et vomissements. La morbidité est d’environ 10 % et la mortalité probablement supérieure à 1 %, principalement en raison des difficultés d’abreuvement. Il n’existe actuellement aucun vaccin contre cette maladie.

… et les obstacles au commerce

Dès qu’un foyer est déclaré, une zone réglementée de 150 km est mise en place, qui évolue chaque semaine en fonction du nombre de cas déclarés. Les animaux de cette zone ne peuvent plus être exportés vers l’Union européenne, à l’exception de l’Espagne qui a rouvert ses frontières le 10 octobre 2023 et de l’Italie le 16 octobre. Les animaux peuvent sortir de la zone en France s’ils ont été désinsectisés depuis plus de 14 jours et ont eu un test négatif depuis moins de 14 jours. Tous les pays tiers ont fermé leurs portes aux animaux français, et là aussi des négociations sont en cours.

Animal Health Laboratory, ANSES, Maisons-Alfort, WOAH Reference Laboratory for EHDV, National Reference Laboratory (NRL) for EHDV, Maisons-Alfort, France

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